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Belvedere Campomoro


La commune de Belvedère Campomoro s'étend sur 2637 ha à l'extrémité sud du golfe du Valinco.
Elle compte 162 habitants et est située à 23 kms de Sartène, chef lieu du canton, les communes limitrophes sont Sartène, Grossa et Propriano.
 



Une page de Lorenzi de Bradi :
BELVEDERE, extrait de L’Histoire de Tegla, Etienne CHIRON, Paris, 1921
 
  Me voici de retour à Belvédère, village escarpé, qui domine le golfe de Valinco, vers le sud de la Corse. Des routes l’entourent : l’une va vers la plaine de Tavaria, l’autre à Campomoro, la troisième à Sartène. Dans ses jardins aux haies de myrtes, de roces, de plantes grimpantes, se dressent des roseaux, des saules et des sureaux. Ses vignes, embaumées de fenouil, sont ombragées tout autour de figuiers, de grenadiers, de pêchers, de poiriers, de figuiers d’Inde ; il y en a qui sont petites comme celle de Noé. Un sentier rocailleux vous conduit sous des oliviers séculaires, dans un vallon parfumé d’orangers, de cédrats ; un autre, entre des buissons inextricables, descend vers une source primitive, sous ses grands chênes, et jusqu’au bord de la mer ; celui qui part de la fontaine, à l’entrée du village, monte vers les bois de chênes, des rocs, des plateaux d’où coulent, par des pentes abruptes, des torrents bordés de peupliers et d’énormes buissons enchevêtrés qu’empamprent, en été, les vignes sauvages.
  De partout la vue est grandiose. Des hauteurs rocheuses de Tivolaggio le regard passe de la plaine de Tavaria, où sinue une mince rivière, au cap Laoroso, puis aux montagnes qui s’étagent jusqu’aux neiges éternelles. De l’autre côté du golfe, des collines s’enchaînent, bleues, violettes ou brunes, changeant de couleur au gré des nuances du ciel, de la lumière, et dont la ligne, entrecoupée de cols, de ravins, de rochers gigantesques, se détache sur l’horizon, en s’abaissant jusqu’au cap di Muro qui regarde la route de l’orient.
  Avec les senteurs pénétrantes des arbustes, des ombellifères, des menthes, des figuiers, on respire une grande poésie dans ce village dont les petites maisons bistres sont bâties sur des rocs. Ses habitants, qui voient surgir le soleil des cimes neigeuses et disparaître, le soir venu, au-delà de l’horizon marin, sont pour la plupart des laboureurs, qui attèles leurs bœufs à des charrues qu’ils creusent eux-mêmes dans des troncs d’arbre, durant les loisirs de l’été. Quelques-uns vont pêcher, quand ils n’ont plus rien à faire aux champs. Ce sont des gens paisibles, hospitaliers, laborieux, aimant les légendes et les histoires de sorciers. Ils enterrent leurs morts autour de l’église qui est pauvre comme l’étable de Bethléem